ACTION EN MILIEU SCOLAIRE


OBJECTIFS

Susciter chez l’adolescent un questionnement critique sur la consommation de substances psycho-actives par un travail et une implication personnels.
Il n’est pas le réceptacle passif d’une information, mais il est le promoteur de sa réflexion.
Favoriser l’expression des représentations élaborées par chacun des élèves.
Confronter les différentes représentations entre elles et les confronter aux données médicales, psychologiques, sociales et légales.
Sur un plan institutionnel et pratique, l’objectif est de lui donner les moyens d’identifier les personnes ressources (au sein de l’établissement et en dehors) qui peuvent aider à tous les niveaux l’élève ayant un usage problématique de substances psycho-actives.

PUBLIC ET CONDITIONS DE RÉALISATION

Cette action 1 est celle qui convient le mieux au milieu scolaire où des groupes sont déjà constitués.
La représentation peut se faire dans l'établissement s'il dispose d'un espace assez grand (amphithéâtre, salle polyvalente, gymnase...).
Des conditions offertes par la salle et du nombre de personnes du public dépendent en grande partie la qualité des échanges.
Ainsi les moments de théâtre (représentation point de départ et représentation des scénarios des élèves) peuvent être présentés à un ensemble d'élèves plus grand que celui qui est mobilisé pour les ateliers de réflexion et de ré-écriture. 

PREMIERE PHASE : REPRÉSENTATION INITIALE PREVOIR 2H

Présentation générale de l'action, de ses objectifs, de son déroulement. Durée environ 15 minutes.
C'est l'occasion de préciser certains points importants :
-L'action ne donne pas lieu à une évaluation ; c'est un moment d'échange et de réflexion entre « citoyens » sur un sujet complexe durant lequel des informations seront échangées mais cela ne s'inscrit pas dans une démarche d'évaluation et de contrôle.
-Il est nécessaire d'expliquer que l'action est décidée d'une année sur l'autre et qu'elle est indépendante de la composition des classes : il s'agit de ne pas laisser croire que l'action vient en réaction ou recadrer des comportements individuels précis et identifiés. Ce sont les comportements à risques universellement partagés au moment vulnérable de l'adolescence qui sont interrogés, non pas tel ou tel comportement individuel.

Représentation théâtrale. Durée environ 35 minutes.
C'est là l'occasion de donner quelques codes : le noir qui vient marquer une discontinuité de lieu ou de temps.
Un des comédiens interprète deux personnages, nous soulignons ce point avant la représentation pour éviter toute confusion.
Nous replaçons enfin l'acte de jouer dans le « faire semblant ».

Recueil des réactions à chaud puis début d'un débat afin de soulever progressivement toutes les problématiques. Durée variable.
C'est l'occasion d'éclaircir certains points restés obscurs. On interroge sur le ressenti par rapport à la véracité des personnages. En quoi cela leur apparaît crédible. Est-ce parlant ? Que perçoivent-ils des motivations des personnages ? Aurait-on pu agir autrement ?
Par ces premiers échanges, des alternatives sont suggérées. Il ne s'agit pas tant d'approfondir ces pistes que de les dégager afin d'y revenir lors des ateliers.

DEUXIEME PHASE : LES ATELIERS PREVOIR 4 H (en 2 séances de 2H par groupe de 15)

Chaque classe est scindée en 2 de sorte à constituer des groupes de 15 environ. Les ateliers se positionnent dans la même semaine que la représentation initiale ou la semaine consécutive.

L'ATELIER DE RÉFLEXION ET D'ÉCHANGE 2H

Le premier atelier permet de revenir dans le détail du scénario de base.
On se remémore le fil des événements. Nous décortiquons ce qui est dit et montré plus finement. Nous interrogeons plus en intimité les personnages, cernons leur environnement familial et social d'après ce que le texte dit ou ne dit pas.

Les problématiques soulevées par les situation resurgissent plus finement et nous évoquons :
-L'alcool, le tabac, le cannabis et la place des différentes consommations de substances psycho-actives chez les jeunes.
-La fête, quelle conception ?
-La santé, c'est quoi au juste ?
-Les prises de risques : entre nécessaires transgressions et mise en danger.
-Le contexte des premières expériences ; ses motivations.
-La difficulté de résister à la pression du groupe entre conformité et individualité.
-La loi, le cadre, la morale.
-Le regard sur les adultes. La communication avec les adultes. Quels adultes ? Les personnes ou les structures ressources à qui s'adresser pour demander de l'aide, de l'information, un conseil ?

Les animateurs qui encadrent les ateliers sont là pour canaliser la discussion, relever les points importants, livrer des informations lorsque elles semblent nécessaires, relancer de nouvelles problématiques, déceler et contredire les idées reçues, les idées fausses, rappeler les données médicales, psychologiques, légales, identifier les personnes ressources au sein de l’établissement, à l’extérieur etc. Ils catalysent les réactions. La réflexion est menée collectivement et chacun y prend part.

Cette séance est le cœur du projet de prévention : c’est durant cette séance que le jeune remet en question les représentations qu’il a élaborées sur le sujet. Il ne reçoit pas passivement des informations ; grâce à la parole qui s'échange, grâce à l'expression de contradicteurs, il prend la mesure du problème et le nuance, le relativise, le met en perspective.


L'ATELIER DE RÉÉCRITURE 2 H

Le même groupe est revu si possible peu de temps après le premier atelier afin de bénéficier de la dynamique mise en place.
Il est désormais question de produire une situation nouvelle qui met en scène les personnages présentés. Il est possible et souhaitable de faire intervenir des personnages non encore proposés. Nous veillerons à rappeler simplement les contraintes de la distribution : une comédienne qui peut tenir plusieurs rôles et deux comédiens qui peuvent tenir plusieurs rôles. Certains face à face ne sont donc pas envisageables (Aurore face à sa mère, Antoine, le père d'Antoine et le professeur dans la même scène, etc.) Nous guidons les élèves dans le choix des lieux pertinents pour raconter ce qu'ils ont à raconter et de privilégier les lieux uniques. Cette situation nouvelle peut être une élaboration collective selon une piste dégagée par le groupe dans son ensemble.
Mais il est possible qu'en fonction des choix, plusieurs sous-groupes se constituent afin d'élaborer des écrits différents. Les animateurs sont là pour aider à la mise en forme voire à la prise de note.
Il n'est pas rare que se jouent les situations dans la classe afin de susciter les dialogues et les rebondissements.
Ces situations nouvelles dont les élèves sont à la base sont souvent des suites immédiates ou des projections dans un avenir plus ou moins proches. Elles peuvent encore être des alternatives parallèles, modifiant ainsi un élément du scénario de base afin de changer le cours des événements. Parfois, ce sont des scènes qui viennent éclairer l'environnement des personnages.
L'intérêt d'un tel procédé au delà du plaisir ludique à modeler le destin de personnages, est d'affirmer que l'on peut toujours dans une certaine mesure peser sur les événements.

TROISIÈME PHASE : REPRÉSENTATION FINALE PREVOIR 2 H

Les productions des élèves sont collectées à l'issue de l'atelier de réécriture. GALOP DE BUFFLES va alors procéder à une adaptation : certains scénarios vont pouvoir s'entremêler ou se compléter, certains vont nécessiter des scènes supplémentaires.
L'idée est de rester au plus près des propositions en palliant les incohérences. Cette phase de ré appropriation des scénarios dure 3 semaines environ.
C'est le temps nécessaire à remettre en forme et surtout pour les comédiens, le temps nécessaire pour travailler sur ces nouvelles propositions.
La représentation s'ouvre par un résumé du scénario de base sous forme d'arrêt sur image. Les comédiens s'immobilisent sur des moments précis qui entrent en résonance avec une voix off.
Cela permet à tout un chacun de se remémorer l'ensemble de la situation de base avant que ne soient présentées les situations proposées par les groupes.
Sont jouées ensuite les scénarios produits par les élèves.
À l'issue de chaque proposition, on recueille les réactions et les commentaires ; on enchaîne ainsi toutes les situations proposées.

Un échange vient conclure l'action. Cet échange peut ouvrir sur de nouvelles problématiques, il peut se concentrer sur les points délicats et de désaccord. Dans tous les cas, on poursuit ensemble ce travail de réflexion et d'échange.
On peut échanger autour de la forme particulière que revêt l'action : se demander si elle est pertinente, si elle arrive à susciter chez les élèves le questionnement que nous souhaitons provoquer.

Ce peut être aussi plus largement un échange sur les méthodes ressenties par les jeunes comme les plus efficace pour les atteindre dès lors que l'on veut parler de sujets problématiques qui les touchent : les conduites à risques, la sexualité etc.

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